Parfois, j’écris aussi…

Oui, tu le sais que j’écris, évidemment puisque je tiens un blog! Mais parfois, je m’essaie à des choses un peu plus sérieuses dans le sujet, des choses un peu plus fleur bleue même peut être, je ne sais pas trop…

Il y a quelques temps, j’ai participé au concours de nouvelles du site Au Féminin. J’ai eu de très bons retours par rapport à ma nouvelle, qui a d’ailleurs été partagée139 fois par les internautes! Incroyable pour moi!

J’avais donc envie de te faire découvrir ce texte, si tu ne l’as pas déjà lu, afin de recueillir aussi tes impressions, à toi, lecteur/lectrice qui me connais sous un autre jour, celui de la dérision.

Sois indulgent quand-même… car ce n’est pas mon métier, ok?

Alors voici!

« Cavaillon…

Ce tableau d’un papillon sphinx à tête de mort qui nous rappelait notre passion commune pour Buñuel, cette énorme banquette au velours rouge héritée de Granny, notre paillasson annonçant fièrement « welcome! » en hommage à notre couple franco-anglais… See you !

Mon nain de jardin en céramique blanc, acheté dans une galerie à Amsterdam et dont tu te moquais régulièrement, 24 cartons contenant juste une partie de ma garde-robe, nos chaises Eames que tu trouvais tellement inconfortables … See you !

Le camion s’éloigne doucement en direction de mon île, avec, à l’intérieur, un bout de ma nouvelle vie. Une nouvelle vie de retour chez moi, en Angleterre, une nouvelle vie dont tu ne feras plus partie, plus comme ça en tout cas.

J’ai besoin de m’enterrer un moment, loin, très loin de notre villa de rêve sur les hauteurs de Cavaillon… là où tu m’as emmené un soir d’automne en me disant qu’un jour, si tu connaissais le succès, tu voudrais que l’on puisse se réveiller tous les matins au sommet de la beauté avec cette vue incroyable sur les Monts de Vaucluse. Tu as toujours été très inspiré pour trouver les mots.

Tout cet amour évaporé, mais a-t-il vraiment un jour existé? Tous ces projets envolés en prononçant ces quatre mots! Toute cette confiance bafouée, ce mensonge que tu m’as infligé, et surtout que tu t’es infligé. Oui, malgré toute ma douleur et ce monde de douceur et d’affection qui s’écroule autour de moi, mon cœur a encore la force de te protéger.

C’était si bon, si simple entre nous. Comme si tout se faisait naturellement, du premier baiser au dernier. On avait tellement eu de mal à s’avouer notre attirance… la peur de l’éloignement, le poids de mon imposante famille réfractaire à toute intrusion extérieure, ton statut de « saltimbanque » opposé à ma rigidité toute britannique.

Tout ce gâchis car tu préfères l’autre… comme tu le dis si délicatement, si poétiquement encore… murmuré comme une brise…l’autre… aurais-je pu me douter ? Certains diront qu’avec ton émotivité, tes manières léchées, ta façon si sensuelle de te mouvoir sans réellement l’assumer, il était évident de le deviner… ces idiots donneurs de leçons, qui ont toujours jalousés ton talent et l’esthétisme que tu apportais à toute intervention. Eux savaient bien-sûr ; comment aurait-il pu en être autrement ? Le bonheur fait tellement tâche dans une biographie !

J’ai besoin de m’enterrer un moment, loin, très loin de notre villa de rêve sur les hauteurs de Cavaillon… là où, avec tellement d’enthousiasme, tu m’as demandé de rester, de quitter mon agréable nid londonien de petite fille riche, afin d’épouser l’accent du sud et être à tes côtés pour t’épauler dans tes débuts d’écrivain. J’ai tout quitté car je croyais en toi, tu m’as tout demandé car tu comptais sur moi.

Toutes ces années à t’encourager, à t’épauler à te rassurer pour enfin te laisser t’ouvrir au monde. Tu as appris à te connaître au plus profond de ton âme à force de coucher, sur ce foutu papier, les maux des autres. Je t’ai imposé ma famille, ses codes, ses obligations, tu m’as fait découvrir une vie plus simple et plus vraie, faite de mots et de sentiments.

Tout ce soutien que j’ai pu t’apporter pour t’entendre m’annoncer que tu préfères… l’autre… C’en est presque risible… entrainer son propre malheur, ce n’est pas commun. Mon départ reste la seule façon de me protéger de tous mes questionnements, de tous les questionnements des autres. Mais les regrets sont vains, l’important est d’avoir tant vécu pour toi et avec toi, même si pour cela j’ai du renoncer à moi. Je m’en retourne désormais à ma vie rangée sans passion ni artifice, sans ton corps ni ta douce odeur de citronnelle.

J’ai besoin de m’enterrer un moment, loin, très loin de notre villa de rêve sur les hauteurs de Cavaillon… car tu en es sûr aujourd’hui, tu préfères l’autre… sexe. »

Ca va? Toujours en vie? Je n’ai malheureusement pas gagné, mais j’étais heureuse de m’essayer à autre chose, et de voir les réactions positives, autour de moi, face à cette histoire.

Jpeg

Les hauteurs de Cavaillon, Colline Saint Jacques (photo by TDRR)

Les hauteurs de Cavaillon et ses villas (photo by TDRR)

Les hauteurs de Cavaillon et ses villas (photo by TDRR)

Maintenant vas-y, tu peux te lâcher: tu as aimé? détesté? pas ton kiff? dis-moi, dis-moi!!! Je suis prête à tout entendre (enfin presque…)!

A très vite pour d’autres aventures, plus fun cette fois, c’est promis!

 

2 réflexions sur “Parfois, j’écris aussi…

  1. Une belle nouvelle comme une lettre d’amour avec un peu d’amertume… j’avais deviné que l’autre était de l’autre sexe mais qu’importe la surprise puisqu’il y a l’émotion. T’as oser t’essayer à faire autre chose que de la dérision. Mission réussie.

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